Jeudi 5 - 6 Mars 2009
Voilà, c’est décidé; nous allons tenter l’expérience de Robinson Crusoé. Nous avons prévu de passer 5 jours, seuls au monde sur South Molle Island, au cœur des Whitsundays.
5 jours, c’est long, lorsqu’il n’y a aucun supermarché, ni eau potable, ni frigo, ni même de barbecue… à proximité, mais surtout lorsque Troopy (notre garde manger) est loin de nous.
Il ne faut surtout rien oublier : nourriture pour au moins 7 jours, incluant bien sûr le Nutella ! 60 litres d’eau, tout le nécessaire de camping, de cuisine, de randonnée et de snorkeling… Au final, nous sommes bien chargés !

Tout est bien rangé dans Troopy, rien n’est resté à la vue des curieux… donc pas de tentation. Mais par sécurité, nous avons offert une bonne petite place de parking à notre cher Troopy. On payera aussi cher de droit de camping que de droit de parking ! Mais on ne refuse rien à notre fidèle compagnon…

Par contre, notre petit Ruby n’aura pas cette chance; d’une part, il ne viendra pas avec nous et surtout, il devra partager sa banquette avec toutes nos fringues. Comme Ruby est tout triste, John lui fait un gros câlin avant de partir…

Nous croisons un petit couple en difficulté avec leur voiture… Plus de batterie ! Ah ca on connait bien ! John est tout fier de pouvoir à son tour aider à démarrer un véhicule ! Une petite photo…

Allez, notre bateau taxi nous attend.

Au départ du bateau taxi, nous rencontrons 2 groupes de campeurs. La question est : où vont-ils ? Chacun espère que personne n’a choisi la même île ! Au final, nous serons tous déposés sur une île différente ! South Molle Island est la première île sur le trajet, nous serons donc les premiers à nous échouer.

Au fur et à mesure que nous approchons de notre île, l’excitation grandie. Quel sentiment unique de débarquer sur cette jolie plage.

C’est tout simplement génial de se dire que l’on est seul au monde, dans un endroit magnifique… Mais avant de profiter des plaisirs de cette île, il faut organiser notre campement.

Une fois notre maison installée, nous revêtissions notre tenue anti méduses artisanales puis partons à la découverte de nos voisins marins.

L’eau est malheureusement un peu trouble ce qui diminue notre visibilité. John aura toutefois la chance d’apercevoir une petite murène…
Retour sur la terre ferme, c’est que du bonheur, le soleil a inondé d’or notre île.

L’heure du diner a sonné, le korma chicken maison est bienvenu.

La nuit fut excellente; pas de rangers ni de gardes de sécurité pour nous déloger, seule la lune et le bruit des vagues comme compagnon de sommeil.
Au petit matin, tout est toujours aussi calme; je profite que John prolonge un peu sa nuit, pour aller marcher le long de ma plage déserte. Un plaisir simple de la vie que te met de bonne humeur pour toute la journée…
Comme tout aventurier échoué sur une île déserte, la première journée se passe sur la plage et la seconde, à explorer l’intérieur de l’île à la recherche d’éventuels habitants et de ressources vitales. Nous n’avons pas dérogés à la règle et chaussons nos baskets.
South Molle Island était à l’origine rattachée au continent. Mais il y a 9 000 ans, le niveau de l’eau a monté, créant ainsi ce petit paradis.
Nous décidons de prendre un peu de hauteur et de rejoindre le Mt Jeffreys, le point culminant de l’île avec ses 198 mètres d’altitude.

Plus nous grimpons et plus nous adorons.

La vue sur les îles alentours est saisissante.

Sur le chemin, nous croisons les drôles habitants de l’île. Nous faisons la connaissance avec les fourmis vertes des arbres (green tree ants). Elles construisent leur nid avec des feuilles sur les branches. La construction est assez impressionnante. Ces fourmis défendent agressivement leur territoire et n’hésitent pas à te mordent et à t’injecter de l’acide produit dans leur abdomen.
Les aborigènes utilisent ces fourmis pour parfumer leur nourriture et leurs boissons au goût de citron et apparemment, dans une concoction, elles pourraient aider à libérer les sinus. Nous on prendra juste une photo de loin !

Un peu plus loin, nous restons subjugués par la taille et les couleurs d’une chenille.

C’est une île aux insectes ici; moustiques, araignées, fourmis, et autres créatures bizarres occupent notre randonnée.

Nous atteignons sans trop de difficulté le sommet et restons quelques moments à profiter de la vue.

La descente se fera main dans la main, et côte côte afin de pouvoir écouter la même musique avec l’Ipod.

De retour au croisement, nous décidons de pousser un peu notre chemin et de partir à la découverte de la partie Nord de l’île.
L’objectif de cette marche est entre autre de bien certifier que cette île est déserte. Nous savons que le Resort est fermé mais il reste un autre camping…
Le second objectif est de capturer les papillons en photo. C’est un sacré challenge car ces magnifiques volatiles australiens ne se posent pratiquement jamais !

Ce n’est vraiment pas facile, donc on se rattrape avec quelques jolies fleurs… au moins elles, elles ne bougent pas !

Nous atteignons finalement Bauer Bay. Le Resort est bel et bien fermé. C’est parfait… Reste plus qu’à vérifier que personne n’aurait eu l’idée saugrenue de planter sa tente à Paddle Bay !

PERSONNE !!! SEULS AU MONDE… QUE DU BONHEUR !

Ah non, pas tout à fait seul au monde; des petites hirondelles nous souhaitent la bienvenue.

Nous prolongeons encore une fois notre ballade afin de rejoindre Mid Molle Island, seulement accessible à marrée basse. A peine 800 mètres plus loin, nous sommes découragés par la chaleur étouffante, les nombreux cailloux qui jonchent le sol et surtout par l’idée qu’il nous reste encore toute l’île à retraverser.
Alors, une petite barre de céréales, face à Daydream Island et ca repart. Nous avons tout de même une petite pensée pour les deux campeurs allemands rencontrés à bord du taxi water. Ils ont en effet choisi de camper sur cette île car elle n’offre seulement 4 emplacements de tente. Autant plus de chance d’être seul au monde… du moins en théorie. Les pauvres, cette île n’est qu’hôtels, bungalows et autres constructions sans charmes…

Sur le retour, John ramasse deux noix de coco, bien pleines… Hum ! Un véritable Robinson Crusoé, mon Joe.

Le chemin du retour se fait d’un bon pas. Nous avons hâte de retrouver notre petite plage. Mais impossible de résister à ce papillon qui nous nargue. Et hop ! Dans la boite !

Notre plage… enfin ! Après un bon déjeuner - diner (et oui, il est déjà près de 16h00), une excellente sieste à l’ombre, bercés par le clapotis de l’eau, vient terminer cette délicieuse journée.
En fait… Ce n’est pas exactement cette sieste qui a clôturée notre second jour sur l’île. Alors que nous nous apprêtions à préparer le diner, nous apercevons le taxi water. Il s’approche « dangereusement » de NOTRE île ! Au fur et à mesure que le bateau grandit, notre rêve d’être les seuls sur cette île s’amenuise. Il doit surement venir déposer d’autres campeurs; tant pis, nous avons tout de même eu l’opportunité de ressentir ce sentiment unique que d’être seuls au monde.
Oh oooh ! Le bateau est vide…
Qu’est-ce que ca veut dire ? Nous nous dirigeons un peu inquiets sur la plage. Nous sentons le monsieur un peu embarrassé. Que ce passe t-il ? Il essaye tant bien que de mal de nous annoncer en douceur que nous devons quitter IMMEDIATEMENT notre petit coin de paradis, car un cyclone approche. La nouvelle est comme un coup de massue… Nous n’avons même pas le temps de réaliser que nous sommes déjà à démonter la tente, refaire notre sac, le tout en quatrième vitesse. Nous n’avons même pas eu le plaisir de manger les noix de coco que John a porté depuis l’autre bout de l’île…
Nous sommes si tristes… Tout est allé si vite. John aime à dire que nous avons été victime d’un ascenseur émotionnel; nous étions tellement bien sur notre île, et en deux secondes, nous nous retrouvons, un vendredi soir à Airlie Beach, avec une menace de cyclone sur la tête… Woua ! Un peu trop d’un coup…
Nous apprenons que le taxi était déjà venu nous chercher le matin; mais il n’a pu nous trouver. Nous étions partis en randonnée… et heureusement. Ainsi, nous avons tout de même un peu plus profiter un peu plus longtemps, des joies de South Molle Island…