“L'homme qui veut s'instruire doit lire d'abord, et puis voyager pour rectifier ce qu'il a appris.” Giacomo Casanova
Le 12 novembre
7h00, le réveil sonne. La nuit fut excellente, parfaite pour notre programme de la journée. Aujourd’hui, c’est notre dernière vraie grosse rando en Tasmanie: l’ascension du Mount Rufus.
Nous prenons un bon petit déjeuné, au soleil. J’ai réussi à faire manger de la oat à Joe, autrement dit, une bonne bouillie d’avoine avec un peu de caramel. Je vous assure que ca tient au corps! Une fois le ventre bien rempli, nous retournons à l’office de tourisme afin de faire un point sur les conditions météorologiques. Les rangers nous confirment que nous avons choisi le bon jour et la bonne heure pour cette marche! Théoriquement, des petites « douches » comme ils disent sont prévues en fin d’après midi, mais on sera rentré.
Alors c’est parti pour nos 7 heures de marche.
Les deux premières heures de la rando ne furent guère intéressantes; nous marchons dans la rainforest, sans voir à plus de 5 mètres devant nous. Certes le chemin monte gentiment, mais on s’ennuie un peu, jusqu’à ce qu’on aperçoit notre objectif… enfin ce qu’on croyait être notre sommet.
Là, ca commence à être intéressent; nous grimpons sur les flancs de la montagne à la végétation clairsemée. Nous sommes encore une fois accompagnés de centaines de petits moucherons. Ces minuscules bestioles volantes nous ont pas mal empoisonné la montée! Mais apparemment, ce n’est rien comparé à ce qui nous attend dans l’Outback…
Nous arrivons aux premières neiges. Je crois que l’on n’aura jamais autant vu la neige qu’en Australie !
Nous grimpons, nous grimpons encore et encore… puis enfin, on arrive sur du plat… Le sommet ! Et non, derrière, nous ne l’avions pas vu, le mont Rufus se dresse fièrement… Inaccessible? ! Hors de question ! Même au ralenti, je l’attendrai ! Alors on reprend la marche, mais cette fois ci sur la crête de la montagne.
Les vues sont magnifiques et toutes différentes. Alors quand je suis fatiguée, je m’arrête en prétextant que c’est pour me délecter de la vue.
Allez une photo qui sert à rien, mais c’est 30 secondes de gagnées !
Nous voyons le petit tas de pierres qui marque notre arrivée, allez encore quelques centaines de mètres…
Après 3heures de montée, ce sera le souffle coupé que nous attendrons le sommet; non pas par l’effort, mais par la beauté incroyable de la vue qui s’offre à nos yeux. Une vue à 360° sur les montagnes, les lacs, les monts enneigés, les plaines, les forêts… Bref, à chaque degré, nous découvrons un paysage différent. Avec une telle vue, nous avons vite oublié la déception de Cradle Mountain.
Il va de soi que nous allions déposer notre petite pierre sur le sommet. Cette fois ci, c’est moi qui m’y colle, étant donné que mon homme a déposé la sienne lors d’une autre randonnée en Grèce. Ce geste a une signification toute particulière pour nous, et notamment pour notre couple.
Voilà une bonne chose de faite !
Maintenant, nous allons pouvoir déjeuner. Nous avons préparé une bonne salade de riz et une pomme et une orange, sans oublier les fidèles barres de céréales de rando.
Les put… de moucherons nous ont rattrapé au sommet. On avait espéré que le manque d’oxygène aurait eu raison d’eux, mais que nini !
Avant de repartir, car il nous reste encore 4 heures de marches pour le retour, nous prenons encore une petite photo…
Et c’est reparti. Nous nous sentons tout petit dans ces montagnes, seuls au monde, libres… Heureux…
Le paysage qui défile au rythme de nos pas se modifie petit à petit pour notre plus grand plaisir. La descente sera donc ponctuée de nombreuses photos…
Nous retrouvons finalement les pandanis, ces fameuses plantes grasses que nous avions croisées à la montée.
Nous traversons un « terrain de golf » incroyable.
L’herbe donne l’impression d’être tondue. On en connait plus d’un qui a galéré pour obtenir un gazon de cette qualité ! Le secret ? C’est que le sol possède un double fond; l’eau coule à flots sous nos pieds.
En Tasmanie, les chemins de randonnées, sont dans l’ensemble, très bien entretenus et bien indiqués. Toujours dans le souci de la préservation de l’environnement, mais aussi de la sécurité des randonneurs, ils construisent des petits ponts de bois.
Ces passages permettent d’éviter que l’on écrase les plantes, mais aussi permet de mieux repérer les serpents. Sur cette randonnée, nous avons croisé 3 Tiger snake…
A l’office de tourisme, ils nous avaient prévenus qu’une petite partie du retour n’était plus très bien indiquée… Ah oui, en effet !
Nous nous sommes retrouvés en face d’un champ immense de végétation très dense. Au loin, nous apercevons le petit point orange qui nous indique le bon chemin… Au loin, comment faire pour s’y rendre? Et ba on va essayer tout droit! Les bras en l’air, on essaye de se frayer un passage… en espérant ne pas faire de mauvaises rencontres…
Et nous retrouvons le petit pont de bois ! Mais à la grande surprise de Joe et à mon plus grand fou rire, ce n’est pas cette partie du chemin qui est la plus sûre ! La preuve en image !
Je ne sais pas comment il s’y est pris, mais il a réussi à marcher à côté du pont et à enfoncer son pied dans 30 centimètres de vase ! Le mieux, c’est que je m’étais retournée et que j’ai assisté à toute la scène! A mourir de rire !
Le retour à des allures de parc d’attraction; chaque partie délicate à traverser est un challenge et nous fait bien rire. Nos chaussures ne sont pas revenues intactes de cette ballade ! « Mais à quoi ca sert de faire des vêtements si on peut rien faire dedans ! »
Et voilà, 4heures de marches retour ce sont écoulées. Nous sommes bien contents de regagner notre tente. Mais avant, il faut aller signer pour se désenregistrer. Ce sera donc main dans la main que nous accomplirons les derniers mètres. Et là, stupeur, un flash nous est apparu ! Nous sommes pratiquement habillés de la même manière ! Même tee-shirt, même sac à dos, chaussures de rando et surtout le petit pull du même côté de la ceinture ! On est encore une fois mort de rire… La fatigue sûrement.
Ce sera donc main dans la main que nous terminerons cette randonnée, mais Joe, dans un souci de paraître, aura remis son polaire, par près de 25°C…