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Qui Voyagent ?


"L'homme qui veut s'instruire doit lire d'abord, et puis voyager pour rectifier ce qu'il a appris.”
Giacomo Casanova


Qui voyage ?  Anne et Joe
Pour nous contacter : 
filimen@hotmail.fr

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Nos Aventures Par Dates

Le voyage en chiffre

Nombre d'heures passées en avion : 54h10
Nombre d'heures passées en bus : 7h04
Nombre d'heures passées en bateau : 39h21
Nombre d'heures passées en tramway : 1h40

Nombre d'heures passées en train : 11h59

Nombre d'heures passées en télésiège : Oh45

Nombre d'heures passées en hélicoptère : 0h05

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17 novembre 2008 1 17 /11 /novembre /2008 06:52
Tous ces jolis paysages, c’est bien agréable, mais jouer Robinson Crusoé vous coupe un peu de la civilisation (ce qui est un peu le but aussi). Nous nous sommes donc dirigés vers la péninsule de la Tasmanie, pour aller visiter la ville de Port Arthur. Une ville historique si ancienne que plus personne n’y habite ! 
Je vous explique, nous pensions découvrir des vieux monuments à Port Arthur, mais pas du tout; La ville elle-même est un musée. Donc il faut payer pour y entrer. Ce n’était pas prévu au programme, donc avant de débuter la visite, nous nous préparons de délicieux sandwichs, sur le parking… Maintenant, rien ne nous arrête, et presque plus rien ne nous fait honte !


Après une petite hésitation, nous déboursons 56 dollars pour ce voyage dans le temps.
En deux mots, Port Arthur est un horrible bagne où l’on envoyait les prisonniers anglais.

C’est un musée grandeur nature très intéressant, très passionnant. A tel point que nous y sommes restés toute la journée.
A l’entrée, nous recevons deux cartes à jouer; une pour Joe,


une pour moi.


Chaque carte comporte un symbole qui nous relie à un prisonnier. Nous rentrons donc dans la peau d’un personnage. Ce jeu est très bien construit et permet de capter notre attention.


Retour dans le passé… La machine à remonter le temps est par là…


Nous sommes en janvier 1829; Je m’appelle John Hare, j’ai été envoyé à Port Arthur à l’âge de 22 ans car je suis entré par effraction dans un entrepôt.
Comme je sais cuisiner, je suis employé dans la cuisine.


Mais ca n'a pas l'air tres bon ce que je fais a mamger...


Pour le diner, nous avions le droit à 250g de viande, 375g de pomme de terre, 600 ml de soupe et 125g de pain, le tout à manger en une heure de silence.


Bien évidemment, j’ai tenté d’utiliser ma position pour m’échapper. J’ai pu réunir, un couteau, un peu de poudre à canon en échange de pain. Malheureusement, je me suis fait attraper. J’ai été puni par 7 jours d’isolement et j’ai été contraint de travailler très dur dans le « timber gang ».



Jusqu’à nouvel ordre, j’ai abattu les arbres en pleine forêt. Le travail n’était pas si terrible au final, mais l’on s’ennuyait à mourir… Heureusement pour moi, quelques temps plus tard, j’ai été rappelé en cuisine.

Jonathan, alias Charles Dormer arriva à Port Arthur en juillet 1827. Il fut d’abord envoyé à la prison de New South Wales pour le vol d’un poulet et de quelques vêtements. A peine 8 semaines après sa libération, cet homme de 42 ans vola un cheval ! Et a eu la bonne idée de se faire attraper, donc direction Port Arthur.
N’ayant pas un mauvais fond, il fut condamné à faire les menus travaux du quotidien.


Et comme il travaillait dur, Charles obtint une portion supplémentaire de thé avec un peu de sucre et a même le droit de fumer sa pipe. C’était trop beau pour durer, monsieur a cassé une règle et n’a rien dit au contrôleur de peur de la punition. Mais évidemment, le garde s’en est rendu compte et Joe alias Charles a été sévèrement puni. Il termina sa peine à travailler dans le « Chain gang ».


 Toute la journée et même la nuit, il portait des chaines qui pesaient 18Kg.



Voilà qui vous met dans l’ambiance…

La visite se poursuit en grandeur nature. Nous découvrons de nombreux bâtiments, partiellement détruits par un incendie criminel et un bushfire (feu naturel). Mais ils sont en cours de rénovation.
Nous participons à la petite croisière de 20 minutes, ce qui nous permet de voir le pénitencier depuis la mer,


Ainsi que l’île des morts. Environs 1100 personnes sont enterrées là. Dans la partie haute de l’île, ce sont les civils et les gardes, dans la partie basse, les prisonniers. Un forçat-fossoyeur vivait en permanence sur cet îlot.



Nous passons également devant la prison Pointe de Puer pour garçons, en service de 1834 à 1849. En 15 ans, 3000 garçons de 9 à 17 ans furent enfermés ici, dans des conditions très difficiles.


De retour sur la terre ferme, nous allons à la découverte du pénitencier.  Les cellules mesuraient 2,2 mètres sur 1,3. Les prisonniers étaient réveillés à 5h du matin en été (6h30 en hiver) et travaillaient jusqu’à 17h30 à la belle saison et jusqu’à la tombée de la nuit en hiver.


Au dernier étage du bâtiment, des dortoirs ont été construit tellement le nombre de bagnards était important.


Nombre d’entre eux souffraient de maladies respiratoire dû fait de la promiscuité et de l’humidité de l’air ambiant…

La détention se basait sur la discipline, le châtiment, l’instruction morale et religieuse ainsi que la formation et l’éducation.

Une chapelle et une librairie abritant 13 253 ouvrages se trouvaient à l’intérieur des murs de la prison.

Nous quittons le pénitencier pour le quartier militaire.


Les soldats surveillaient les forçats depuis cette tour de contrôle. Nous avons même visité la maison du commandant.



C’est incroyable, nous sommes vraiment plongés dans cette époque sinistre tellement le réalisme est saisissant.



A la fin de la visite, il y a un livre d’or; regardez le dernier commentaire….


Traduction : « je ne suis pas coupable »

Il faisait bon d’être prisonnier politique en ce temps là; du moins pour William Smith O’ Brien, un irlandais. Il appartenait à un groupe révolutionnaire qui luttait pour l’indépendance de l’Irlande face à la Grande Bretagne.
Voilà sa prison…


Notre voyage dans le temps se poursuit par l’hôpital, enfin, ce qu’il en reste.



En fonction de leurs compétences initiales, les convicts étaient orientés vers telles ou telles activités. Certains devenaient infirmiers juste comme ca. Dire qu’il m’a fallu 3ans et demi d’études !
Seul le chirurgien était un officier. Mais lorsqu’un prisonnier se tranchait la gorge, il était recousu au gros fil, sans anesthésiant, et bien sur, aucun ustensiles était stérilisé. Une fois la plaie recousue, il l’enduisait de graisse de cochon. Va donc savoir pourquoi! Au final, je crois que mes   3ans et demi d’études ne sont pas superflues !

Le centre détenait également un asile pour les aliénés.


Les détenus souffrant de dépression ou de démence étaient soignés dans un lieu calme et propre. Les conditions de détention et de soin étaient assez modernes pour l’époque. Un quartier pour les vieux messieurs servait de retraites pour les hommes trop âgés ou trop faible pour subvenir à leurs besoins pendant leur détention.
La prise en charge de ces hommes impotents constitue le point de départ du système d’assistance sociale moderne en Australie.

Nous terminons notre visite par le plus glauque, le plus inquiétant. Un sentiment de mal être nous a habité tout le long de notre passage dans la prison séparée.
Cette prison proposait une nouvelle approche pour réformer les criminels. Chaque prisonnier passait 4 à 12 mois dans un silence complet et dans l’isolement le plus total. Il passait 23 heures par jour dans une minuscule cellule à travailler.



Il devait faire de l’exercice physique dans une minuscule cour avec un masque sur la tête.


L’isolement était complet, même lorsqu’il allait à la chapelle, il était isolé de ses camarades.


L’endroit est lugubre; le sentiment de malaise qui nous habite est indescriptible.

Heureusement, lorsque nous ressortons de cette prison, le soleil brille.
Le soir, on nous propose, le « Ghost tour », en clair, une visite guidée de Port Arthur la nuit. Certaine personnes affirment avoir vu des fantômes dans ces pièces…. Possible… Mais ce sera fini pour nous.

Notre voyage dans le passé fut passionnant. D’ailleurs la  longueur de cet article en témoigne !

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Published by Anne & Joe - dans Tasmanie
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commentaires

Mer Etale 10/12/2012 12:53

Je viens juste de lire " un vrai crime pour livre d'enfant " de Chloe Hooper .La visite du centre de détention de Port Arthur décrite dans le livre m'avait un peu intriguée, aussi j'ai voulu en
savoir plus sur ce lieu et je suis tombée par hasard sur votre site et la visite que vous y avez faite. Merci beaucoup pour votre reportage très très intéressant. Là, pour le coup, Chloe Hooper,
malgré tout son talent , n'avait fait qu'effleurer le sujet !

kgol 19/11/2008 03:17

merci pour ce super article!
J'aurais A-DO-RÉ cette visite!

Léonard 18/11/2008 22:53

Vrément simpa cette visite et le masque gris fait asser peur ^^

Sinon anne ou joe vous avez fait une faute > < Au chaudron vous avez mis mamge... au lieu de mange...
(pas bien lol)
Mais super cette article content de l'avoir lu merci ;) .
(Florent)

laeti chouchou 17/11/2008 16:52

Merci pour cette petite culture très enrichissante, nous avons pris plaisir à lire cette page !
bisous les loulous